PRESENTATION

Si El Kala m’était contée écrit par Oum_Zaki
Chers collègues et amis permettez moi de partager avec vous quelques instants d’émotion vécus.
Si El Kala m’était contée
Me revoilà devant mon PC, chez moi, à Alger. Chez moi. Et pourtant c’est un peu de moi que j’ai laissé à El Kala.S’il est des signes de Dieu sur terre, El Kala me semble être l’un d’eux.Voilà quelques semaines à peine, je ne connaissais rien ou très peu de la région. Quelques textes par ci par là qu’on propose aux élèves, le nom d’un forum… Pour moi El Kala devait être un joli coin, mais sans plus.
Je me revois sur la route qui me mène vers ce royaume et je ne peux m’empêcher de penser à celle, qui sans me connaître m’a ouvert cette porte qui mène au paradis sur terre.
Antares, un nom, le nom d’une étoile géante perdue dans l’univers à des milliers d’années lumière de la Terre.
Antares, une femme, sobre, authentique, vraie, passionnée, en harmonie avec son univers, sa ville « El Kala».
Je me revois sur la route direction Constantine, moi qui n’ai jamais dépassé les frontières sétifiennes, émerveillée comme à chaque fois de la beauté des paysages tour à tour rudes, prenants ; les gorges altières, imposantes, sauvages de Lakhdaria. Ces blocs géants qui sans la grâce de Dieu pourraient s’effondrer d’un instant à l’autre.
Malgré le bruit des klaxons , des moteurs, le silence est là. Dans le vol de ces oiseaux maîtres des lieux. Dans les cactus accrochés aux pierres, dans les cascades taries laissant leur trace sur la pierre comme un baiser perdu.
Le paysage défile sous mes yeux, Les Bibans, Sétif, el Eulma, Constantine, Skikda, Annaba…
La nouvelle autoroute me mène avec hâte, précipitation vers deux inconnues : Une région, une femme.
Tout est beau, tout est nouveau, j’ai envie de m’attarder, de visiter Constantine, de voir ce fameux pont suspendu, de graver dans ma mémoire une vue des gorges du Rhummel.
Mais la route est encore longue et mes deux inconnues m’attendent.
Naïvement, lorsque j’ai vu Annaba, il m’a semblé être enfin arrivée.
Je n’ai compris que plus tard qu’Annaba est juste un prélude pour découvrir El Kala.
Sur la route, les premiers hôtes à nous accueillir : juchées fièrement sur les pylônes, les cigognes semblent nous souhaiter la bienvenue et forment de part et d’autre une haie d’honneur singulière. Le Paradis des Cigognes.
Elles sont partout par groupe de trois ou quatre sur tout ce qui peut être propice à recevoir leur nid en hauteur.
Un peu distrait par les cigognes, les yeux levés vers le ciel, on est soudain frappé en regardant le paysage, par l’exubérance soudaine de la végétation. Surpris, car c’est d’un seul coup, sans avertir que El Kala s’offre, après bien des prémices.
El Kala se découvre peu à peu, comme par pudeur.
Quelque chose a changé dans l’air. Le paysage devient progressivement plus vert, plus boisé. Une odeur particulière, une odeur reconnaissable entre toutes : celle de l’eau.
L’odeur de l’eau. La couleur de l’eau.
Qui a dit que l’eau était inodore et incolore ?
A El Kala l’eau à la couleur changeante des arbres, de l’herbe, des pâturages, des forêts, des lacs, des rivières et de la mer.
A El Kala l’eau a l’odeur exquise des mousses, des conifères, des buissons de mûres sauvages.
Un éclaboussement de couleurs! Toute une palette de vert, des étincelles de mimosas lumineux, des reflets changeants et argentés des feuilles. Des forêts moutonneuses, des arbres qui se mettent à chanter au moindre bruissement, des cigales au refrain millénaire et… et le temps qui se fige. Le temps qui s’arrête. Quelques secondes…
Plus de mots pour décrire cette beauté, le souffle coupé par l’émotion.
J’ai juste ce verset en tête : « Dieu tu n’as pas créé tout cela en vain ».
Le spectacle est trop beau, trop grandiose. Montagnes généreuses, dunes de sable doré, forêts vierges, mer limpide, méandres des cours d’eau, miroirs des lacs. Le mot « trop » s’impose. A El Kala rien n’est jamais offert avec parcimonie. C’est un don. Un don de Dieu qui ne saurait être reçu par une seule personne tant il dépasse la capacité individuelle à recevoir et à percevoir.
Ma deuxième inconnue m’attendait aussi. Aussi vraie et aussi authentique aussi surprenante que la première. Aussi généreuse.
Etrange voyage vers l’inconnu. Périple inoubliable qui m’a permis de connaître un bout de paradis sur terre.
Je ferme les yeux et je revois le visage d’Antares, je revois aussi celui plein de bonté de Nounette , que j’ai pu rencontrer sur le chemin du retour. Etranges, ces rencontres hors du temps. Ces pseudos qui, prennent soudain des visages et des voix pour devenir encore plus présents dans ma vie. Encore plus attachants.
Des noms chantent encore dans ma tête :
« la Micida » « Tonga » « La vieille Calle » « Les Allemands », «Le Cours », « la Corniche » « Oum Teboul »
« Cap Rosa », «Bougousse » « les Sables d’or »…
Une chose m’a également surprise : C’est cette paix qui règne à El Kala.
El Kala, ville de paix, de respect et de tranquillité. On devrait accueillir les visiteurs avec cette phrase à l’entrée de la ville:
"Edkhlouha bi ssallama »
« Entrez-y en paix ».
Si pour d'autres "voir Venise et mourir" semble être le summum je dirai "Voir El Kala et y revenir"

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